Elle le regardait toujours, et avec des yeux d’une si tendre expression, que ceux de Gaspard se noyèrent de désir.

Leurs regards à tous deux, à la fois troublés et lumineux, s’appelèrent. Leurs deux jeunesses, aimantées l’une par l’autre, s’attirèrent. La jeune fille se rapprocha lentement du jeune homme qui ouvrit ses bras… Il la tint un moment renversée sur son cœur et comme enveloppée de ses chaînes qu’elle allait rompre. Leurs lèvres se confondirent… Un bruit là-haut… Elle s’arracha à l’étreinte.

— Vite ! dit-elle ; c’est bien entendu, n’est-ce pas ? je chanterai pendant votre travail.

Elle se plaça devant la porte refermée bruyamment. Là-haut, l’ivrogne chantait, lui aussi. Derrière la porte, la lime patiente commença son fin bruit de scie.

Louisette chanta :

Ma filho, té vouas maridar ?

Aven gès d’argènt per ti douna.

— Qu’ès aco d’argènt ? qu’appellas d’argènt ?

Empruntaren nouastrès parèns.

L’ Antoni,