Et, confusément, à leurs oreilles, grondait, bourdonnait la rumeur de Paris, faite du roulement continu des voitures, du piétinement des passants, du bruit des voix et des rires, du son des louis d’or remués par les joueurs et les marchands, rumeur formidable à la fois et sourde, que la nuit même n’étouffe pas, pareille à celle de l’océan, où l’on se noie.
V
— Comment t’appelles-tu ?
— Zan !
Et Zan battait l’une contre l’autre ses petites mains très propres.
Il avait des joues roses, en effet, et un tablier bleu battant son neuf. Il était lavé comme une vaisselle de riche, et joli comme un amour !
Pour l’instant (minuit sonnait), il était très occupé à saccager un grand arbre de Noël chargé de poupées, d’oripeaux, de paillettes, de jouets, mirlitons, tambours de basque, arlequins et polichinelles, sabres et fusils longs comme le doigt, au milieu de mille petites bougies roses, bleues, vertes.
Zan n’avait jamais été à pareille fête.
L’arbre était à terre, sur un pur tapis d’Orient, dans un salon luxueux, éclairé d’un lustre et de plusieurs lampes.
Et comme l’arbre était beaucoup plus haut que Zan, Zan se dressait sur la pointe de ses petites bottines fortes, au bout de métal, et il tâchait, négligeant les basses branches, d’atteindre l’impossible :