—J'y suis, papa.

—Endors-toi!

—Je ne peux pas!

Leurs voix se détachaient, nettes dans la nuit calme, sur le fond sonore, régulier, de la mer qui fuyait mollement vers l'est.

—Il y avait une fois... commença Marcant, il y avait une fois...

Rien ne lui venait. Sa voix s'étrangla. Sa pensée était sur la mer, à la poursuite du yacht qui emportait sa vie.

Il se tut.

L'enfant reparut au bord de la terrasse. Il comprenait qu'à son tour son père avait du gros chagrin. Il venait le consoler.

—Je suis bien là, mon papa, puisque je te vois! Tiens, je suis couché par terre, parce que je suis fatigué et, de là, je te vois à travers le balcon... Elle reviendra bientôt, va! Elle n'a pas pu faire naufrage... Je te vois!... Parle-moi, mon papa... Oh! que j'ai eu peur! mais je n'ai plus peur, plus du tout... je t'assure, plus du tout, du tout!

Il finit par s'assoupir.