Marcant entra.

—Je suis levé depuis huit heures, moi. J'ai achevé tout mon travail, et alors je suis sorti. Je suis allé aux informations... Nous trouverons aisément une villa. Cher, par exemple!—mais ta santé avant tout. Nous ferons des sacrifices. Et puis il y a l'oncle... le bon oncle...

Il avait la volubilité, l'excitation du voyageur content, arrivé, reposé. Il souriait et la baisa au front.

Elle ne sentit pas ce baiser. Toujours accoudée, elle suivait, d'une pensée emportée loin d'elle malgré elle, le navire qui, maintenant, renonçant à la vapeur, déployait ses voiles et, vent arrière, prenait son vol blanc, entre les deux bleus.

Marcant suivit le regard de sa femme; il aperçut le yacht, et, du même coup d'œil, son petit Georges qui, devant la grandeur simple du spectacle, avait fini par ne plus bouger et qui, le menton écrasé contre la balustrade du balcon, buvait des yeux toute la lumière joyeuse et tiède.

—Il a un drôle de nom, tout de même, ce bateau... C'est un yacht de plaisance.

—Comment donc qu'il s'appelle, mon papa?

L'Ibis Bleu. C'est drôle, hein?

Marcant ajouta qu'il n'y a pas d'ibis de cette couleur et plusieurs autres réflexions sur les fantaisies des yachtmen. Le yacht appartenait à Pierre Dauphin, le fils de ce riche armateur de Marseille «dont nous parlions justement hier, en wagon, avec ce député, tu sais?...».