—Un peu voir l'image, papa!

Pierre vit qu'on regardait son aquarelle—ce qui acheva de le gêner. Il posa sa guitare sur le canapé et, ne sachant au fond quelle contenance prendre, bien qu'il parût parfaitement à son aise, il s'en alla.

—C'est de plus en plus curieux, tout ça! fit Marcant, qui se sentait, lui aussi, plus peut-être encore que sa femme, sorti complètement de sa vie.

—Est-ce que c'est Pierrot, maman? viens voir son joujou!

Georges s'était approché de la guitare et la regardait, émerveillé. Il y toucha. Elle rendit un son léger, joli, comme une plainte d'oiseau qui sommeille.

—Veux-tu bien laisser ça tranquille! cria Marcant qui courut à Georges pour le prendre par la main.

Pierre revenu, et suivi du lieutenant de vaisseau, enleva l'instrument, et en s'asseyant à sa table avec son ami:

—Voulez-vous voir mon joujou de près, mon petit homme?

Georges approcha hardiment. Pierrot lui plaisait. Arrivé près de lui, Georges s'arrêta, confus, le buste un peu rejeté en arrière. Pierrot lui passa la guitare au cou. Le ruban étant trop long, elle descendait plus bas que les genoux du petit garçon. Pierrot la reprit, accourcit le ruban, la replaça sur la poitrine de l'enfant:

—Vous êtes beau comme ça, dit-il, il faut en jouer.