Tout le monde, même Elise, même Georges, éleva sa coupe.

—Vive le commandant du 230!

—Et celui de l'Ibis Bleu! dit le commandant.

Pierre répondit, avec le joli demi-sourire d'un yachtman qui ne se prend pas tout à fait au sérieux comme marin de haute mer:

—Le commandant de l'Ibis Bleu remercie celui du 230... Rompez, les amis!

A son tour, il serra la main à chacun de ses hommes qui se retirèrent en bon ordre, la joie au cœur, une joie de simples qui croient au devoir, à l'éloge, à l'honneur, et à la vie comme à la mort—dès qu'on se donne la peine de leur accorder la moindre marque de cordialité sans orgueil.

—Tu as eu une excellente idée, Pierre... car c'est lui, madame, qui a voulu que je remercie les pêcheurs de Saint-Raphaël. C'est vrai, Pierre, ce sont des choses qu'on a le tort d'oublier... Mais, dans ces moments-là, je te dis—c'est le diable de penser à tout!

—Comme ils étaient contents! dit Elise.

—Ce sont de braves gens! fit Pierre. Il ajouta: Qui navigue, dit le proverbe, danse au bord du tombeau.

—Vive l'Ibis Bleu! cria tout à coup Georges à tue-tête, très excité, sa coupe à la main. Dans son enthousiasme, il la répandit tout entière sur la robe de sa maman.