—Tel que vous me voyez, monsieur Labarterille, acheva Maurin, je fais si bien le merle, moi, qu’un jour—pendant que je chilais, caché dans la broussaille,—un renard m’a sauté sur ma tête, tout en coup, pourquoi il me prené pour un oisò!... Il faut vous dire qu’il ne m’avait pas vu; il m’avait entendu seulement... Voyez-vous, en faisant le merle, on attire toutes les bêtes à son entour!
Et il regardait les têtes qui l’entouraient.
Cette dernière histoire était authentique, mais Maurin sentait ce qu’on se donnait de ridicule quand on la croyait véritable, parce qu’il comprenait ce qu’elle avait d’invraisemblable. Alors il la racontait de façon à justifier tous les doutes qu’il trouvait naturels, et dont il se moquait pourtant à part lui.
—Ont-ils de l’esprit, ces Provençaux! dit le préfet qui pénétrait tout cela et qui riait comme un fou, en bon Parisien.
Pendant ce temps, les lèvres muettes de Pastouré remuaient imperceptiblement—très vite, mais ce qu’il se disait, nous ne le saurons jamais.
CHAPITRE XVIII
Le purgatoire de frère Pancrace.
—Allons, monsieur Cabissol, cria Maurin, vous qui en connaissez de si bonnes, vous n’en direz pas une, de vos histoires?
—J’en sais plus d’une! dit M. Cabissol, mais je ne les conte pas aussi bien que vous!