Ce fut Grondard qui tout à coup parut devant lui avec son vilain masque de barbouillé.

Célestin tenait dans sa main noire un vieux fusil à un coup.

—Au large! dit Maurin, voyant que l’autre restait immobile à dix pas sur le sentier... Passe donc, Grondard, que tu me gênes. Tu ne viens pas, je pense, pour me voler mon gibier?

—Connais-tu ceci? fit brusquement Célestin Grondard en lui montrant le bouton de cuivre luisant au soleil du matin.

—Je n’y vois pas de si loin! répliqua Maurin.

Célestin approcha.

—Je n’y vois pas de trop près!

Grondard s’arrêta et lui tendant le bouton:

—Regarde!

—Ça, dit alors Maurin tranquillement, pressentant un piège et pensant le déjouer par la plus grande franchise, ça, c’est un bouton d’une veste que j’ai. Le marquis de Brégançon, à Cogolin, m’avait donné une de ses vestes, toute neuve, trop étroite pour lui; une jolie veste de velours, avec de beaux boutons de chasse qui étaient à la mode du temps des rois. C’est dommage que j’aie usé la veste! Mais les boutons je les ai toujours gardés; il m’en manque un seul... ça doit être celui-là; où l’as-tu trouvé?