M. Désorty et M. Cabissol ignoraient l’accusation nouvelle qui pesait sur Maurin depuis quelques heures. Le parquet n’avait eu aucune raison d’en informer la préfecture. Et si attentif que fût M. Cabissol aux faits et gestes de Maurin, il ignorait encore Grondard et la nouvelle rancune d’Alessandri.
L’accusation portée contre Maurin ne manquait pas de base.
En effet la mémoire de Sandri avait failli...
—Enfin, lui avait dit le procureur du roi de la république impériale, a-t-il avoué devant vous?
—Oui et non.
—Oui ou non?
—Oui, car il a dit, à ce qu’il me semble: «Si je l’avais tué c’est avec plaisir que je dirais: C’est moi qui l’ai tué». Mais Grondard assure qu’il a dit simplement: «C’est moi qui l’ai tué». Et il a bien prononcé ces paroles, je m’en souviens, mais je ne sais plus s’il a dit les premières qui modifient le sens des secondes.
—Amenez-le-moi, avait conclu le juge.
M. Cabissol ignorait ce dialogue quand il dit au préfet:
—Tout ce que vous désirez que je rapporte à Maurin lui sera transmis fidèlement, monsieur le préfet.