Sous le manteau de l’immense cheminée brûlaient quelques troncs d’arbre. Une bouillotte chantait. Un chat ronronnait à côté de deux chiens courants, qui regardaient s’écrouler les braises.
Capoulade alla à ses occupations au dehors, laissant Maurin maître de sa maison. Maurin tira de son carnier vivres et bouteille et mit le tout sur la table.
Les deux hommes, le père et le fils, mangèrent en silence, d’un air de grand appétit. Maurin avait tiré d’une terrine deux gros morceaux de «bœuf en daube».
Voyant que Césariot cassait son pain, le père se mit à rire:
—Tu as perdu ton petit couteau, qué? dit-il de sa voix la plus flûtée. Eh bé, té, prends le mien!
Il passa au jeune gaillard son couteau, tout pareil à celui qu’il lui avait arraché des mains sous le pin Berthaud.
Après s’en être servi, Césariot voulut le lui rendre.
—Garde-le, fit gaîment Maurin, en souvenir de ton père! Où j’ai laissé le tien, j’irai le reprendre au retour. Le diable m’emporte si quelqu’un se doute qu’il y a un couteau là-haut, dans les pignes. Personne ne le ramassera, vaï!... C’était bien envoyé, qué?
Césariot ne répondit pas.
—Tu boudes? A ton aise!