—Et pour la finir, combien? dit Maurin.

—C’est à la générosité de chacun.

—Té, voilà deux sous. Accommence.

—Il y avait une fois à Gonfaron, dit l’ermite, voilà longtemps, longtemps, un sacristain petit, bossu, et paresseux. Un jour qu’en procession, le bon Dieu, porté par le prêtre sous le dais, devait monter jusqu’ici, au sommet de Notre-Dame-des-Anges, le curé dit au clion:

—«Joóusé?»

—C’était donc toujours le même clion? fit Maurin.

—Mettez-lui Piarré si vous voulez, dit l’ermite; moi ça m’est égal.

—Piarré, balaie un peu la rue, du seuil de l’église jusqu’à la sortie du village, pour enlever les crottins des mulets et des chèvres, pour afin que le bon Dieu puisse passer proprement.

—Voui, moussu lou cura.

«Mais l’ouvrage que fit le méchant bossu ce ne fut guère, et quand l’heure de processionner fut venue, le curé et tout le village trouvèrent que la place et la rue étaient aussi sales qu’auparavant et même un peu davantage, parce qu’il était encore passé des chèvres et des mulets. Le paresseux bossu n’avait pas balayé.