—Au moins une fois dans leur vie, ils en auront vu un en l’air, d’âne! je leur devais bien ça.
Il coupa de son couteau les quatre ailes des deux perdreaux qui lui restaient et, proprement maintenues bien ouvertes par une baguette où il les avait liées d’un fil de fer, il les fixa en deux tours de main aux deux côtés de la croupière.
—Arrangé ainsi, fit Maurin en s’éloignant et se retournant plusieurs fois pour admirer son ouvrage, il a bien l’air d’une hirondelle!
Et il fila avec ses longues jambes...
Quand l’avant-garde de ses ennemis aperçut cet âne volant, la corde lui étant cachée par les branches de l’olivier, elle s’arrêta stupéfaite.
—Diable! dit un Gonfaronnais qui était né aux Martigues, peut-être que cet homme n’a pas menti, et que des fois, il y en a qui volent, des ânes!
—Ah çà! vaï! dirent les autres, il y a, là-dessous, quelque malice.
Et tous, à pas prudents, s’approchèrent.
—Je vois ses ailes! cria l’un.
—Elles sont bien petites! fit le maire qui arrivait tout essoufflé, car il était, lui, de la grosse espèce.