Le préfet se met à rire.

—C’est donc vraiment un roi?

—Comme j’ai eu l’honneur de vous le dire, monsieur le préfet.

—Et, quels sont ses rapports avec la République française, le savez-vous, maître Pons? dit le préfet d’un air grave.

—Excellents, monsieur le préfet. Maurin ne chasse jamais sur les terres de l’État. Jamais garde ni gendarme n’a encore verbalisé contre lui. Maurin ne chasse pas en temps prohibé... tout au plus la veille ou l’avant-veille de l’ouverture pour ne pas laisser trop de gibier dans les endroits faciles, aux gens des villes... Maurin tend quelques pièges peut-être par-ci par-là, mais les renards, les fouines, les chats sauvages et même les sangliers sont des animaux nuisibles dont Maurin est l’ennemi juré.—Maurin aime sa mère et s’occupe beaucoup du plus jeune de ses fils...

—Et pas des autres, c’est entendu! dit le préfet, riant.

—Un peu moins peut-être, je ne sais pas, c’est son affaire, monsieur le préfet; mais on peut être sûr qu’il fait ce qu’il doit, selon les circonstances naturellement... Enfin, Maurin est un brave homme, monsieur le préfet, tout le pays vous le dira; c’est un révolutionnaire de gouvernement.

Le préfet se frottait les mains.

—Vous dites?... les noms des villes de Maurin?

Maître Pons dicta. Le préfet écrivit pour faire demander à Maurin d’organiser une battue à laquelle étaient invités un sénateur, deux députés, un général, un candidat à la députation et une ou deux belles dames...