Et le bras droit tendu, le poing fermé, le pouce vertical un peu rejeté en arrière, il exprimait du geste, à la façon provençale, les énergies fécondes de la France plébéienne.

Et jamais parole n’exprima si bien que son geste viril la déférence du peuple pour toutes les aristocraties qui ont la vraie élévation, celle du cœur. Ce geste disait, du même coup, son mépris pour la plate suffisance de l’égoïste bourgeois satisfait de soi-même. Entre Caboufigue, le parvenu, et M. de Siblas, qui représentait les traditions et la politique de la vieille France, Maurin n’eût pas hésité, mais il préférait Vérignon. Et le pape ayant affirmé le droit nouveau des démocraties, que Dieu tolère, M. de Siblas servait, sans rougir, quoique à regret, la république de Maurin des Maures, l’aristocrate d’en bas.

Jamais les gendarmes ne comprirent ce qui s’était passé à bord du yacht, et pourquoi, pouvant leur livrer le braconnier, «M. le comte» lui avait permis de hisser sa voile au vent, lequel s’était mis à souffler du large.


CHAPITRE XLII

Où l’on verra l’importance que le gouvernement de la République française accorde au roi des Maures, lequel n’en devient pas plus fier.

Les visites à Bormes devenant dangereuses, Maurin fit prier M. Cabissol de le rejoindre à Collobrières, où il lui rendrait compte de sa mission.

Ils s’y rencontrèrent à l’hôtellerie de M. Blanc.

—Eh bien, qu’avez-vous de nouveau, Maurin?

—Voici: nous craignons, n’est-ce pas, la candidature Poisse?