—Oui, dit Cabissol; c’est un faux républicain qui fait le jeu des adversaires dont il aura les voix, outre une partie des nôtres, diminuant ainsi les chances de Vérignon.

—C’est ce que j’avais compris, dit Maurin. Eh bien, M. de Siblas maintient sa candidature pour retirer à Poisse cet avantage qui, au premier tour, pourrait le placer premier.

—Il la maintient! il la maintient! s’écria Cabissol, qu’en savez-vous? Et s’il la maintient, ça ne sera pas pour nous aider, croyez-le.

Le grand seigneur populaire qui s’appelait Maurin fut inimitable dans le ton de sa simple réponse:

—Je vous demande pardon: il fera comme j’ai dit; j’ai sa parole!

Il raconta son entrevue avec le comte.

—Maurin, dit Cabissol, vous faites des miracles. Je vous jure que si j’étais allé offrir cet arrangement à M. de Siblas, j’aurais été repoussé avec ironie.

—Qui est cet Ironi? dit Maurin.

M. Cabissol se mit à rire.

—Comme quoi, dit-il, l’intelligence et la connaissance du vocabulaire sont deux!