—Il est assez visible! fit-il. Gros comme il est, voui, que je l’ai vu! Il a les joues roses comme le dedans de ces porcs frais qu’on voit tout ouverts chez les bouchers dans les villes, la veille de Noël, et qui sont tout enguirlandés de lauriers-sauce!

—Se présentera-t-il? Il est dangereux; beaucoup se tromperont sur son compte. Il a gardé de nombreux amis parmi les pauvres gens, sans faire grand’chose pour eux. Il donne des fontaines Wallace aux communes. Il a l’égoïsme habile. Il nous roulera.

—Non, fit Maurin. Je te lui ai mis dans les pattes une jolie petite ficelle rouge et il est tombé sur le nez!

—Vous parlez, Maurin, comme un rébus, dit Cabissol.

Rébus? Encore un citoyen que je connais pas, répliqua Maurin. Il n’est pas d’ici?

—Quelle ficelle avez-vous mis dans les pattes de notre sanglier couronné?

Inimitable en sa drôlerie, convaincu et gouailleur, Maurin prononça:

—Je te vous l’ai décoré!

M. Cabissol se demanda si Maurin perdait la tête. La folie des grandeurs l’avait-elle mordu? Prenait-il au sérieux son titre de roi des Maures?

—Il n’y a rien à dire là contre, poursuivit Maurin; ce blanc a été roi des nègres. Et, décorés, tous les rois le sont.