—Le diable m’emporte si je vous comprends. Quelle farce lui avez-vous jouée?

—Aucune, dit Maurin; mais j’ai pensé qu’être député ça ne serait pour lui qu’une manière de se faire honneur... et que preutrêtre, alors, il aimerait mieux la croix—qui lui donnerait moins de travail. Et,—acheva-t-il simplement,—je la lui ai promise.

—Parbleu! dit Cabissol en riant à gorge déployée, si cela ne dépendait que de moi, il l’aurait, ne fût-ce que pour que, en qualité de roi des Maures, vous ayez décoré quelqu’un, Maurin! Nous en parlerons au préfet, mais je crains bien que votre recommandation ne suffise pas.

—Vous croyez? dit Maurin. Quand est-ce que ça se donne, les croix? Il y a une saison, on m’a conté, où ça pousse comme la sorbe au sorbier.

—Mais, confirma Cabissol, nous voici en janvier. Les journaux annoncent les promotions pour cette fin de mois. C’est juste le temps de cette récolte.

—Voulez-vous, demanda Maurin, me faire un mot de billette pour une dame?

—A vos ordres. Et pour qui, maître Maurin? Et que faut-il dire? Dictez.

M. Cabissol appela l’aubergiste Blanc, qui, sur sa demande, apporta plume et encre, et Maurin dicta le sens d’une billette dont M. Cabissol rédigea les phrases à son idée. La lettre suivante fut le résultat de cette collaboration:

A madame ***... en son hôtel, Champs-Élysées. No... à Paris.

«Madame,