Dans tout le massif des Maures, ils avaient plusieurs cabanes.

Lorsqu’ils trouvaient un cazaoù, vieille bâtisse en ruines au toit crevé, cabanon ou étable à chèvres, ils se faisaient, dans l’angle le plus abrité de la masure, un gîte à leur usage. Une toiture de bruyère sur des madriers croisés. Quelquefois la cachette était faite seulement de branchages.

Celle où il arriva, vers midi, était un ancien poste de chasse, en assez bon état, ayant une cheminée et une méchante porte, qu’on pouvait cependant fermer à clef.

La clef, on la cachait sous une grosse pierre, cachée elle-même sous des broussailles.

Ils avaient là-dedans un vieux fusil à piston, toujours chargé, enfoui sous des fagots de bruyère: on ne sait pas ce qui peut arriver. Une arme de plus, même en médiocre état, peut être utile. Il y avait là aussi un peu de vaisselle: deux verres et deux assiettes fêlées. A de certains jours, un peu de luxe fait plaisir.

Maurin trouva Pastouré en train de faire rôtir un lapin sauvage, de quoi fort bien déjeuner.

Sur une table rongée des tarets, les deux verres et les deux assiettes brillaient bien propres, et, à côté, deux fourchettes d’étain. Le sel était dans une salière faite d’un morceau de liège difforme. Tout cet intérieur, noir de fumée, sentait bon le romarin brûlé. Les sièges étaient deux tronçons de gros chênes-lièges avec toute leur rugueuse écorce.

Quand Maurin arriva, Pastouré, à son ordinaire, parlait puisqu’il était seul.

Maurin, pour l’entendre, s’arrêta un peu, avant de se présenter à la porte.

Pastouré disait: