—Voilà, se dit Pierre, des nouvelles toutes fraîches de ma petite patrie. Il sera question sans doute, dans cet article, de mon frère le secrétaire de la mairie.
Il lut l’article.
La petite ville d’Auriol organisait une importante exposition agricole; il y avait un grand nombre de sections: horticulture, apiculture, pisciculture, aviculture, poulets, dindons, faisans... CANARDS.
Quel trait de lumière! il allait pouvoir se débarrasser des siens!
«Il sera accordé un prix de quatre mille francs à l’exposant qui aura présenté le plus beau couple de canards modèles!
«Messieurs les exposants peuvent retenir à l’avance des cages d’un, de deux, trois et quatre mètres carrés pour leurs volatiles. Donner exactement noms, prénoms et adresse. Ces emplacements sont accordés gratuitement.
Nota.—Si le jour de l’inauguration du comice agricole, l’emplacement, qui doit être retenu par lettre, n’est pas occupé, il sera payé un dédit de cent francs par mètre carré.
«Adresser toutes demandes à M. Z., directeur de la section 4, telle rue, tel numéro, à Auriol.»
Pierre d’Auriol écrivit une lettre détaillée à M. Z. pour retenir un emplacement de deux mètres carrés, avec bassin et eau courante, et revint à l’hôtel.
Les canards, dans la cour de l’hôtel, le saluèrent de leurs coin-coin d’affamés.