Il leur fit donner une pâtée abondante et déclara au patron de l’hôtel qu’il partirait le lendemain ou le surlendemain, emmenant ses précieux canards.
Le patron lui conseilla de les expédier le jour même.
—Mais, dit Pierre, on n’acceptera là-bas les envois des exposants que dans quinze jours exactement.
—N’avez-vous pas dans cette ville un ami qui leur donnera l’hospitalité?... Du reste, vous arriverez presque en même temps que ces intéressantes volailles. Je vous avoue qu’ici elles me gênent un peu. Et puis... Si l’envie vous venait de demeurer trois jours au Havre, pour vous reposer?...
—Coin! coin! coin! dirent les canards.
—Parbleu! pensa Pierre d’Auriol, j’ai, à Auriol, mon frère Paul, le secrétaire de la mairie. Je vais lui expédier mes canards.
Il les expédia et négligea d’écrire à Paul.
Pierre passa deux jours au Havre, où il avait rencontré un bon camarade d’école, puis il s’oublia une dizaine de jours à Paris.
Et quand il arriva chez son frère à Auriol, le premier mot qu’il lui adressa fut celui-ci:
—Eh bien, et mes canards? Comment les as-tu trouvés?