—La porte! ferme la porte! crièrent tous les buveurs sur des tons divers, mais où dominait une manière de déférence.

—La porte, Maurin, on te dit! Il fait un vrai temps à bécasses!

Il y avait, parmi les buveurs, paysans et bûcherons, deux gendarmes et aussi un garde-forêts reconnaissable à son uniforme vert.

Ce garde forestier se tourna à demi et d’une voix de commandement:

—La porte! on vous dit! animal! Comment faut-il qu’on vous le dise?

Il avait l’air bourru et l’accent corse.

—Malgré vous,—fit Maurin très tranquillement,—malgré vous, vous en aurez, du bon air frais pour votre santé!

«De quoi vous plaignez-vous?... Ah! enfin, on vous voit maintenant, les amis!... Mais je ne connais pas ce garde. C’est un nouveau, je le devine. Et un Corse, cela s’entend... Ah! n’est-ce pas qu’on respire? Ton auberge maintenant, Grivolas, sent le thym et la bruyère. C’est bon!

Il s’obstinait à ne pas fermer la porte. Il y eut un silence pendant lequel on «entendit le dehors», un bruissement prolongé à l’infini, qui se renflait et s’abaissait comme celui de la mer roulant des sables.

—Entends-tu le bruit des pinèdes? fit Maurin. Trente lieues de bois de pins qui chantent à la fois, compères! C’est ça une musique.