Quand il parle d’amour, marche vite, cours vite,
Va, feins de te cacher sous le saule ou l’ormeau…
Alors il t’atteindra pour t’apporter l’anneau !
Mion n’en voit pas tant dans sa pauvre pensée ;
Mais le cœur tout ému, la poitrine oppressée,
Elle sent bien qu’au lieu de s’approcher de lui
Elle éloigne Noré d’elle-même aujourd’hui !
Elle pleure à sanglots, comme une Magdeleine…
L’amour vrai lui viendrait s’il pouvait voir sa peine,
Car l’amour vrai pardonne à tout, — même à l’amour !