Sur l’Est la vaste Crau, non moins plate et plus jaune,

Toute pelée, étend son désert de cailloux

Où pousse une herbe courte, un gramen sec et roux

Que les troupeaux, perdus d’espaces en espaces,

Coupent avidement avec leurs dents voraces,

Chassant pour découvrir çà et là les brins verts

Le galet protecteur qui les a recouverts,

Tandis que les labris, les chiens au long poil rude,

Veillent sur eux, et que, — droit dans sa quiétude, —

Son bâton à la main, l’âme flottante au vent,