Le pâtre au grand chapeau les oublie en rêvant.

L’été, quand ces troupeaux, rassemblés en armée,

Regagnent l’Alpe fraîche où l’herbe est parfumée,

Muet, donnant à peine à ses chiens un conseil,

Il les suit, l’âme errante et mêlée au soleil.

Mais c’est là, dans la Crau si vaste et si paisible

Qu’il semble un roi pasteur des âges de la Bible,

Le pâtre, quand debout, du long manteau couvert,

Sceptre en main, — il regarde au loin, dans son désert !

La Camargue et la Crau, filles du Rhône libre,