Sont libres ! Le Mistral, c’est leur âme qui vibre !

Et le Champ de cailloux et l’Ile au sol bourbeux

N’ont pour rois que le pâtre et le gardeur de bœufs !

La mer jadis venait jusqu’à la Crau peut-être,

Mais le Rhône aux reins forts, qui ne veut pas de maître,

Partout rongeant toujours ses bords, plaines et monts,

Charrie obstinément sables, pierres, limons,

Et, se sentant mourir, de ses deux bras d’Hercule

Les chasse devant lui — dans la mer qui recule !

Et même lorsqu’enfin il est pris dans la mer,