On peut le voir, un temps encor, terrible et fier,
Avec des cris que ceux des vagues feront taire,
Dans l’eau couleur d’azur — marcher, couleur de terre !
O notre père ardent, vieux Rhône limoneux !
C’est ton orgueil, c’est toi que tes fils ont en eux,
Fleuve plein de terreau fécond — et de lumière,
Dont le Mistral jaloux tord et mord la crinière,
Cheval au sang mêlé du sang des taureaux forts,
Qui te laisses monter, — mais sans bride et sans mors !
Un jour, m’étant baigné, Rhône, dans tes eaux rousses,