Et, en passant, il piqua la croupe du cheval de Martégas qui partit à fond de train malgré les efforts de son cavalier. Martégas put entendre derrière lui les rires et les moqueries de tout le monde.
—Tu me la paieras, celle-là! hurlait-il, en suivant malgré lui Pastorel et le taureau.
—Pourquoi pas tout de suite? dit Pastorel, sans ralentir sa course.
Martégas, sa lance en arrêt, essaya d'en piquer Pastorel au flanc. Heureusement ils couraient dans le même sens. Pastorel sentit le fer du trident heurter seulement le dossier de sa selle. Il fit faire un écart à sa monture et, fondant sur le cheval de Martégas, il le piqua de nouveau à la croupe, si rudement, que l'animal effaré, en trois bonds désordonnés, jeta son cavalier dans la poussière, au milieu des rires, des quolibets des assistants.
Et Martégas entendit ce cri de Pastorel:
—Et de deux, mon homme!
Il comprit. C'était une allusion à la chute qu'il avait faite en poursuivant Zanette. Elle lui avait donc tout raconté!... La rage de Martégas fut terrible.
—Je le tuerai, hurlait-il. Je le tuerai!
—Vous ferez mieux d'aller vous brosser, lui dit à l'improviste le brigadier, qui l'aida à se relever. C'est vous qui avez tort; j'ai tout vu, de loin.
Pastorel avait rejoint son taureau qu'il conduisit aux Arènes antiques.