Et Cabrol tout à coup, répondant aux lamentations par lesquelles Martégas, toute la nuit, avait découvert le fond de son âme obscure, il dit, ce Cabrol:
—Marie-toi avec Zanette, la Zanette de maître Augias. Son père a un peu de bien et d'argent et la confiance des maîtres du château de la Sirène. Marie-toi avec cette fille. Elle est gentille et, à voir, elle donne faim et soif. C'est une cerise qui pend à l'arbre. Tu n'as qu'à prendre. Et je t'en avertis, Martégas, pour que tu le saches,—un que l'on nomme Pastorel—tu le connais peut-être, Jean Pastorel, le gardian?
—Je sais qui tu veux dire; il habite près des Saintes, à Silve-Réal. C'est un homme. Eh bien donc, que veux-tu me dire, de celui-là?
—Pardi, qu'il en tient pour Zanette!
—En es-tu sûr? demanda Martégas, s'arrêtant tout sec.
—Si j'en suis sûr!... quand je le dis?
—Et comment le sais-tu, Cabrol? Prends garde à ce que tu vas dire. Car celui qui se mettra en travers de mon chemin, je le souquerai, tu peux dire! Je suis aussi matelot, mon homme!
—Comment je le sais? La belle affaire! Pas n'est besoin d'être sorcier, pour ça, collègue!... Il n'y a pas quinze jours, aux dernières fêtes du mois de mai, aux plaines de Meyran....
—Eh bien?
—Il y a eu ferrade, tu sais, et course de taureaux. Pourquoi n'y étais-tu pas?