—Il y a bien, pour l'heure, un empêchement qui vient de lui, à ce que m'a dit sa mère... mais je ne suis pas inquiet; il comprendra où est son bonheur.

Zanette comprit l'allusion et elle se tut. Heureuse de sentir son père favorable à Pastorel, elle s'étonna d'éprouver ce bonheur-là. Décidément, elle l'aimait donc, cet inconnu? Pauvre Zan!... car déjà, en elle-même, elle l'appelait Zan, puisqu'elle s'appelait Zanette.... Pauvre Zan! si on pouvait l'arracher aux griffes de cette mauvaise femme, ce serait, n'est-il pas vrai, une bien bonne action?...

Or, de son côté, Jean Pastorel avait parlé à sa mère de la petite Zanette qu'il n'aimait pas encore, mais qui lui plaisait bien, et du cheval de la ferme de la Sirène, dont il désirait se rendre maître.

Sur la petite, la vieille Pastorel n'avait dit que de bonnes choses:

—C'est une fillette sage. A la bonne heure! En voilà une que tu ferais bien de demander! il n'est pas bon qu'un homme soit seul. Oh! si, avant de mourir, je pouvais voir un fils de mon fils, je bénirais la vie, en la laissant recommençante derrière moi!

Quant au cheval, la musique avait été autre:

—Le métier, véritablement, est assez dangereux, sans aller chercher, par plaisir, des bêtes de mort! Laisse-moi ce cheval tranquille, c'est quelque sorcier peut-être! Le prenne qui voudra! La fille d'Augias, oui,—mais son cheval, non! Entends-tu, Jean?

—Mais... dompter le cheval, ma mère, est un des moyens d'avoir la fille,—de lui plaire d'abord, et au père aussi. J'en ai connu et mené de plus difficiles....

—Des filles? interrogea sournoisement la vieille.

—Des filles, oui, et des chevaux!...