Les châsses descendues, une grande partie des assistants quitte l’église noire, regagne le dehors éblouissant.

A mesure que, par les étroites portes latérales, la foule dégorge, une foule nouvelle, qui avance difficilement, faisant deux pas tous les quarts d’heure, se presse sous le grand portail, toute chaude de soleil, en sueur, dans un nuage de poussière lumineuse.

Bien des jeunes gens sont là , pour la joie d’être serrés, par la poussée de la foule, contre les belles filles, leurs bien-aimées, dont ils sentent, tout contre eux, le corps sinueux, et qui, là , ne peuvent leur échapper. Que de mains, de tailles pressées, sans que les mères puissent rien voir!

Et tout bas:

—Je t’aime, Lionnette.

—Finis, François!

—Laisse-moi, Tiennet!...

Ainsi, à côté des infirmes, des incurables, qui n’éprouvent rien des bonnes choses de la vie, l’amour effronté joue et rit, se cherche et se sent. L’encens de l’église ne sert qu’à exciter son désir, et plus d’un offre à sa bonne amie un chapelet dont il a, sous ses yeux, baisé ardemment la croix de buis, afin qu’elle y retrouve ce baiser sous ses lèvres.

Et, tout le jour, de nouveaux pèlerins, de nouveaux malades, entrent dans l’église. Beaucoup y passeront la nuit, veillant, avec les cierges, à genoux ou prosternés devant les châsses; plus d’un même, chacun à son tour, couché dessus, et sur des coussins apportés exprès.

Pour l’heure (c’est la première journée), on n’entend plus, dans les rues de la ville, que des conversations sur les taureaux et les ferrades.