Il descendit à son tour, donna la bride à la bohémienne. Elle tint Blanchet, qui buvait au fleuve.

—Un peu d’avoine à présent! dit Renaud.

Il prit un petit sac, posé et lié en travers de l’arçon, d’une fonte à l’autre, et à la demande de Zinzara il le vida dans sa robe tendue à deux mains.

Pauvre, pauvre Blanchet! il n’y avait plus là qu’une poignée de grain.

—Attends-moi, je vais querir le bateau.

Renaud disparut dans la nuit claire, derrière les aubes, les saules et les roseaux du bord, noyés d’une brume, pâles et comme flottants dans la nuit.

Zinzara n’entendait plus que le bruit de l’eau et le crenillement tendre de l’avoine sous les dents de Blanchet, qui, de sa longue lèvre, happait le grain au creux de la robe tendue.... Oh! si Livette avait pu voir cela!

—Me voici, viens! dit la voix de Renaud.

Il abordait, élevant les deux avirons.... Elle avança.

—Tiens ferme la bride.... Le cheval nous suivra.