Quand elle rejeta son voile, elle riait.

Quelle vision avait-elle évoquée, la magicienne? Qu’avait-elle appris, la voyante?

—Ce sera mieux que je n’espérais!... dit-elle. A présent, regarde!

Elle se leva, et au seul bruit des médailles de son diadème et des pièces d’or de son collier qu’agitait sa danse lente, dansée sur place, elle ôtait, un à un, tous ses vêtements.

Aux lueurs vacillantes de la chandelle, dont parfois un souffle du dehors inclinait la flamme, Renaud regardait cette apparition connue lui réapparaître.

La Zinzara ondulait, dégrafait l’une après l’autre sa veste, ses jupes,—les ôtait avec des flexions, des grâces, des bras recourbés au-dessus de sa tête ou abaissés jusqu’à ses chevilles.... Et maintenant on eût dit une statue de bronze, luisante, dans cette demi-obscurité. Renaud la connaissait bien, cette forme, pour l’avoir vue un jour au grand soleil, et si souvent, depuis, revue en pensée....

Sur les seins bombés, tintait le collier; aux chevilles plusieurs grands anneaux; sur le front, la couronne d’où pendaient des médailles.

Elle se tordait, souple, avec des miroitements sur sa peau brune.

—Tu vois, Zinzara se donne, lui dit-elle, on ne la prend pas, romi. La fille sauvage n’est qu’à elle. Et maintenant encore, je pourrais, s’il me plaisait, te clouer où te voilà , pour toujours!

Elle jeta à terre, sur ses hardes, un stylet serpentin, qui tout à coup avait lui dans sa main.