Font sur le bétail sombre une gloire qui fume…
Un volume de début, et un recueil posthume, le Rêve des jours, et la Montée, où l’on a rassemblé l’œuvre inachevée, d’un si haut vouloir, de tant de chaude intelligence, d’une si personnelle sensibilité… Mais, à chaque page, la beauté luit, la pensée flambe, comme l’or à l’arbre élancé « qui garde des rayons dans ses hauteurs ». Destinée brûlante et courte, qui, plus que sur une stèle sculpturale, aurait pu s’inscrire sur une de ces aiguilles de lave figées dans leur jaillissement volcanique, qui prête aux paysages Vellaves de tels aspects titaniques et foudroyés.
Olivier Calemard de La Fayette était bien le fils grave et ardent de cette Auvergne vellave. On a prononcé, ai-je dit, les noms de Pascal et d’Alfred de Vigny ? On pouvait, pour le poète de vingt-neuf ans, qui, se sachant perdu à bref délai, quelques semaines avant sa mort, se résignait avec une telle noble fermeté, ne s’abandonnant pas à maudire d’avance, « un ordre dur, inexplicable ou vain ».
Laisse la tiède nuit t’envelopper ; tu l’aimes,
Et tu goûtes pensivement la volupté
De recréer en toi son infini lacté,
Lorsque, sous tes paupières lasses qui la voilent,
Tu la vois plus profonde et plus pleine d’étoiles.
Et cachant d’autres nuits sous cette profondeur,
Toi qui tiens l’Univers sans borne dans ton cœur,