Un peu de votre sève a coulé dans mon sang,
D’un peu de rêve encor mon âme s’est fleurie.
Et je pars, non guéri, pourtant vous bénissant
D’avoir de l’éventail dentelé de vos palmes
Fait sur mon front fiévreux descendre un souffle frais,
Et versé dans mon cœur qui s’enchante et se calme,
O bons samaritains, votre ombre et votre paix !
De-ci, de-là, il m’expédiait quelque bref billet, quelque carte illustrée à mon fils. Soit à Noël, soit au jour de l’an, il ne manquait jamais de nous envoyer ses souhaits. Son dernier mot est du 24 décembre 1914 :
Vielles, le 24 novembre 1914
Merci, mon cher ami ; Rozès de Brousse m’a communiqué votre charmant article de l’Avenir du Tonkin. Je n’ai ni la force ni le courage de vous écrire plus longuement : jamais je ne me suis senti si fini. Bonne année tout de même et bonne accolade à Charley. Les miens vous offrent leurs amitiés. — Je viens de passer une semaine au lit.
Aujourd’hui, il fait une journée splendide.
A. Vermenouze
Le 8 janvier suivant, il mourait.