Un de ses officiers, maréchal de l’Empire,
S’approchant aussitôt, lui donna la réponse :
C’est Magne, lui dit-il. — C’est l’Auvergnat d’hier ?
Répliqua l’Autre, eh ! je lui dois un grand merci !
La plus saine inspiration jaillissait de cette veine de terroir, et c’est cela que de tristes pédants s’ingéniaient à tarir en Vermenouze. Des cuistres tant clercs que laïcs, sous l’apparence de quelque culture supérieure et le bénéfice de quelques vains diplômes, entreprenaient d’affiner le patoisant, dont la personnalité était toute d’instinct et de nature, non de savoir accumulé ni de grâces acquises. Avec une rare modestie, malgré toute son opiniâtreté, Vermenouze inclinait aux conseils, d’autant plus qu’ils étaient désintéressés et provenaient d’admirateurs sincères ; mais de ces admirateurs dont l’approbation ne va pas sans quelque arrière-pensée de supériorité.
A la pratique de Mistral et des grands Félibres, le Capiscol avait pris le désir d’épurer et de fortifier son parler, d’en régler et unifier l’orthographe laissée à la transcription de chacun.
Du coup, on transformait le barde cantalien en grammairien, philologue et scoliaste ; ce à quoi il était tout à fait le moins préparé. Aussi n’a-t-on pas vu, sans stupéfaction, l’aménagement de Jous la Cluchado[51] avec un texte étymologique, un texte phonétique, et la Traduction Française !
[51] Jous la Cluchado (Sous le chaume), Aurillac, Imprimerie moderne, 1909, par Arsène Vermenouze, préface de Louis Farges ; R. Four traduxit.
Ainsi, l’abbé R. Four présente la réforme :
« Comme une langue livrée à l’anarchie ne sera jamais une langue littéraire, nous estimons, avec notre cher poète Vermenouze, qu’il est temps de réagir… Mettant nos lumières en commun, nous nous sommes efforcés d’établir un système orthographique qui, nous l’espérons, finira par s’imposer de lui-même, car il est le résultat d’études philologiques et de recherches consciencieuses… A notre avis le latin est la seule base solide sur laquelle on puisse s’appuyer, dans le travail de restauration d’une langue romane. En conséquence, nous avons, pour ainsi dire, calqué la plupart de nos vocables languedociens sur leurs correspondants latins ».