On aperçoit tout l’arbitraire de ces conventions individuelles. Le résultat est pénible, et terriblement déconcertant. Vermenouze parlait le dialecte d’Aurillac et des environs. On l’a transformé en un vocabulaire qui n’est plus de nulle part, en une combinaison artificielle qui sent l’huile, et dont Vermenouze eût été incapable d’user, de jet par la parole et de plume courante par l’écriture !

Quel volume ! Cinq cents pages massives pour une trentaine de poèmes. En voici l’ordonnance ; par exemple pour le Vieux de la vieille, dont nous avons cité un fragment : page 112, le texte littéraire ; en regard, page 113, sa traduction ; et en bas, comme en note, prenant le dernier tiers des deux pages, le texte ancien, celui qui était monté du cœur, s’était élancé des lèvres du poète. Il avait transcrit, car il composait ses chants avant de les fixer sur le papier :

UN BIEL DE LO BIELHO

L’omperur remorquèt, un jiour, lo caro rudo,

Cromado pel soulel, etc.

Ceci est devenu, selon la méthode innocente de l’abbé R. Four :

UN VIELH DE LO VIEILHO

L’emperadour veguèt, un journ, la càro rudo,

Cramàdo pel soulelh, enchiprouso è bourrudo,

D’un capitani de grenadièrs a chabal :