«Maintenant que je vous ai parlé des rochers de terre,—je veux vous parler des rochers d’eau, un peu:—ils ne sont pas frères; ils sont cousins seulement.—Un matin nous partirons pour la côte de Serre;—le train passe à côté, et ce n’est pas loin d’ici.
«Là, près d’un sombre et rude fourré,—dans la Cère, vous verrez des rochers d’eau en quantité,—des rochers ronds, pelés, lisses comme des œufs;—mais un seul, si vous vouliez en faire une omelette,—ferait plus qu’emplir deux chaudrons de lessive.
«De la cime des puys et des collines descendus,—ils ont fait une fameuse culbute dans la rivière,—où l’eau les a, l’un sur l’autre, amoncelés;—et ils sont tous là, comme au fond d’un grand plat,—mais pour les préparer il manque la cuisinière.
L’Allier dans la monts de la Margeride.
«De toute façon, cuits ou crus, ce sont des œufs durs.—Vous pouvez, avec des souliers ferrés à Laroquebrou,—leur marcher dessus, leur sauter sur le ventre de bon cœur,—vous n’en casserez aucun, et, si quelque chose casse,—ce sera vous, plutôt que les œufs, bien sûr:—jamais personne n’en a mangé aucun à la coque.
«Ces œufs (je n’ose dire ces rochers),—l’oiseau qui les a pondus était une crâne poule,—qui devait bien tenir sa place dans une marmite,—à en juger par la grande épaisseur de leur coquille,—vous les croiriez pondus par le fameux oiseau Roth,
«Vous savez bien, l’oiseau Roth, cette créature surnaturelle,—qui, d’après un vieux livre, un conte véridique, avait des yeux énormes comme un plat à salade,—en criant faisait plus de bruit qu’un vol d’oies,—et cachait, en volant, le soleil tout entier.
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