Peut-être l’architecte a-t-il dû s’incliner à la nécessité, pour loger la «grosse cloche» où se lisait: Je m’appelle Marie-Thérèse—cinq cents quintaux je pèse—qui ne veut pas me croire me pèse,—me repèse et me mette à mon aise. Douze cordonniers, assis en cercle, pouvaient travailler sous sa circonférence. A la Saint-Crépin, tous les cordonniers de la ville s’assemblaient pour banqueter, dans le clocher, au-dessous de cette grosse cloche; si forte, qu’elle ne se brisa pas, lorsque, sur l’ordre de Châteauneuf-Randon, elle fut précipitée d’en haut... il fallut la chauffer à rouge...

Quant à l’intérieur de la cathédrale, un huissier même dresserait un procès-verbal de carence: rien, néant, comme après un sac, un pillage. Les chapelles paraîtraient à l’abandon, les saints oubliés, n’était quelque bout de cierge qui brûle, là ou là; des chandeliers de zinc; les dalles suintent, humides...

On regarde un marbre, le tombeau de Mgr de Pompignac, et l’on s’en va.

On a froid et l’on est triste...

Il ne semble pas que la prière puisse dépasser ces voûtes, elle doit se figer, grelottante, aux lèvres du plus croyant...

Avant le dîner, je m’attarde à la petite plate-forme des Roches, tout à la pointe de l’escarpement derrière la cathédrale et d’où la vue circule des bords du Lander, qui coule au bas du roc, jusqu’à la Margeride...

Un coup de sifflet perce, dans le silence et les hou hou hou du vent..., un énorme œil rouge brûle dans le crépuscule, c’est le chemin de fer...

Marchande sanfloraine.

Tandis qu’exilé sur son socle de lave, Saint-Flour, désheuré, agonise et meurt, une cité nouvelle s’agglomère, commence à grouiller, et ce faubourg qui longtemps n’exista que par quelques tanneries le long du ruisseau, progresse, s’agrandit, centralise les affaires. Tout le négoce, tout l’avenir est là, vers cette petite gare d’où, à l’arrivée, certains soirs, Saint-Flour vous apparaît comme une fumée dans les nues...