Mais allons.
Quelques heures, fort courtes, tant la route offre de spectacles sans cesse variés, à mesure que l’on s’élève, soit par la Baraque, soit par Villars, soit par Fontanat, à moins de halte forcée: car l’ascension ne s’effectue pas toujours dans les délais calculés.
Voici qu’à certaine distance de la montagne, des cavaliers du train des équipages barrent le passage, à cause des exercices de tir au canon de l’artillerie, campée l’été à la Fontaine du Berger.
Par intervalles, des détonations retentissent, se propagent par échos, et, dans la campagne ou sur les flancs du mont, au milieu d’un nuage tourbillonnant, les projectiles éclatent, s’enfouissent.
Au sommet du Puy de Dôme.
Les ruines du Temple.
Lui reste sans broncher à ces coups qui n’entament guère profondément sa carapace de domite.
Une sonnerie de clairons met fin à ces canonnades.
Les cavaliers disparaissent, d’un temps de galop, laissant la voie permise, et l’on peut commencer de monter par un lacet, du col de Ceyssat, à travers l’herbe touffue et les fleurettes, ces œillets et ces pensées dont le vif coloris excite toujours l’étonnement du voyageur: j’ai lu que c’est des simples du Puy de Dôme que l’on fabrique le vulnéraire suisse, ce vinéraire si populaire, en honneur dans nos faubourgs!
Par des sentes ainsi fleuries, l’escalade est rapide! Tout proche, les ruines du Temple et cet Observatoire, qui, de loin, nous firent sourire, comme encastrés au haut d’un boulet, produisent toute autre impression. C’est la foi, c’est la science, qui ont posé ces degrés de pierre ou ces fils d’électricité. A l’une et à l’autre, quel merveilleux autel!