Panorama des Monts Dômes.—La Grande Cheyre.

Le Temple a été exhumé des fouilles nécessitées par la construction de l’Observatoire sur ce plateau célèbre par l’expérience sur la pesanteur de l’atmosphère qu’y exécuta Périer, pour son beau-frère Pascal.

Le Vasso-Caleti, temple des Celtes, suivant les études les plus récentes d’après les assises mises au jour, aurait constitué un monument considérable, des plus riches, dont l’édification fut due à toute la Gaule, non à l’Arvernie seule. Des fragments de marbres rares, de statuettes, de chapiteaux, de masques, des écrins, des médailles ont été déterrés. Par la confrontation des inscriptions et du texte des historiens, on possède la certitude que le dieu Lug des Gaulois, le premier, fut honoré là. A la période gallo-romaine, son culte se confondit avec ceux de l’Hermès grec, du Mercure romain. La puissance du Mercure arverne, des plus vastes, périclita à son tour; les barbares de Germanie dévastèrent l’édifice, tandis que les missionnaires chrétiens chassaient l’antique paganisme. L’ancien dieu, pourtant, ne mourut pas: il devint diable. Lug, après avoir été Mercure, fut Satan. Il présida aux sabbats du moyen âge. Chaque nuit de la Saint-Jean, tout ce qu’il y avait en France de sorciers et de sorcières, possédant un balai, l’enfourchait pour se réunir au Puy de Dôme. Une femme, Jeanne Rosdeau, fut brûlée en 1594 pour avoir assisté à l’une de ces messes noires où elle dut, selon son témoignage, sacrifier ses cheveux au désir d’un bouc noir «qui portait entre les cornes une chandelle noire à laquelle il donnait le feu le tirant de dessous sa queue».

Au sommet du Puy de Dôme.—L’Observatoire.

De tout cela, et d’une chapelle de Saint-Barnabé mentionnée plus tard, il ne reste que les vestiges du Temple découverts en 1875,—et le pèlerinage traditionnel, perpétué jusqu’à nos jours, des villes et des villages environnants, au matin de la Saint-Jean; il pourrait bien tirer son origine de quelque cérémonie de purification, après les offices diaboliques du Sabbat.

Aux hommes que la superstition ou la foi ne transporte plus jusqu’à la montagne, la seule curiosité peut suffire aujourd’hui; l’ascension vaut d’être accomplie,—rien que pour voir:

Si Dôme était sur Dôme

On verrait les portes de Rome,