Forces prez et bonnes pastures.

La montée d’Usson.

C’est là que le marquis de Canillac, sur les ordres du roi, la prend pour la conduire à Usson, geôlier amoureux de sa prisonnière avant d’arriver au château où il doit la garder. Marguerite songea aussitôt à tirer parti de cette faiblesse; à force de subterfuges, elle put conserver d’Aubiac encore un temps, mais le marquis de Canillac, jaloux et brutal, ne se laissa pas berner: il fit empoigner d’Aubiac; on le jugea sous quelque prétexte à Aigueperse, où il fut étranglé; il serait mort en baisant un manchon qui avait appartenu à la reine. Ainsi mourut «l’un de ses amants qu’elle ennoblissait avec six aunes d’étoffe... Un valet d’écurie qu’elle avait pris pour ne chômer point, comme le mieux peigné de ses domestiques, cet Aubiac, que d’Aubigné nous dépeint comme un chétif rousseau et plus tavelé qu’une truie, ayant le nez teint en écarlate, et que pour son malheur le marquis de Canillac trouva vilainement caché, sans barbe ni sans poil, l’ayant sa maîtresse ainsi déguisé avec ses ciseaux pour le sauver».

Usson vu de la route de Nonette.

Sans doute, Marguerite ne jugeait point comme d’Aubigné ce chétif rousseau, sur le trépas prématuré de qui elle composa ces vers:

Rigoureux souvenir d’une joye passée

Qui logez les ennuis du cœur en la pensée,

Vous sçavez que le ciel, me privant de plaisir,