Vallée de la Sioule.—Chartreuse de Port-Sainte-Marie.
Ce même désarroi brutal, comme à la marche immobile du glacier, au mouvement figé des cheyres de Volvic, je l’éprouvai encore au lac d’Aydat, pauvre oasis de ces déserts de mâchefer, une guenille d’eau, qui tremble au vent du soir, là-bas...
Cratère de Lassolas.
D’ici, rien de ce qui réjouit ses bords du peu de campagne où Sidoine Apollinaire s’établissait l’été, du frais fouillis vert dont s’entourent le village, l’église, rien ne s’aperçoit de ce qui sourit et fait ce lac—rébarbatif—pourtant accueillant et doux, après les cheyres de Vichatel, de Lassolas, de la Rodde... D’ici, le lac d’Aydat, dont les déjections du rouge Puy-de-la-Vache ont obstrué le cours, n’ouvre sur toute cette région consternée qu’un œil atone, lugubre...
Les bords de la Sioule.
D’ailleurs, voici le soir, qui, sur nulle autre contrée, ne peut venir plus funèbrement; l’ombre s’entasse dans l’entonnoir des cratères, longtemps, avant de les emplir! Puys de l’Enfer, de la Rodde, de Tressoux, de Gravenoire, de la Taupe, de la Vache, de Lassolas, Puy de Laschamps, Puy de Grosmanaux, Puy de Pariou, Puy de Côme, et le grand Sarcouy ou Chaudron, et le Puy Chopine, et le Puy de la Coquille, et le Puy de Jumes, et le Puy de Louchadière, et le Puy de la Nugère—et bien d’autres que le gardien de l’Observatoire nous cite, tout en nous priant de regarder l’heure, par son télescope, sur la place de Jaude de Clermont, où la foule, aux terrasses de cafés, boit et fume. Comme on ne distingue plus entre les apéritifs des consommateurs, c’est le moment de partir si nous ne voulons être pris par la nuit, tout à fait.
Encore quelques minutes, un coup d’œil vers le petit Puy de Dôme—qui se tient au côté du grand, creusé d’un cratère, le Nid de la Poule, encore un regard vers les hauteurs de Montrognon, qui semble quelque fossile exhumé, avec sa dent colossale, et vers Gravenoire, et vers Gergovie!