A Chateauneuf-les-Bains.—Le rocher de la Vierge.
A Mozat, il reste de l’abbaye des Bénédictins une église de diverses époques, car l’abbaye n’a point touché à la splendeur sans vicissitudes; M. Gomot, qui a fait pour le monastère, dans son livre sur Mozat, ce qu’il avait accompli pour le château fort dans son histoire de Tournoël, a fixé ses dates principales depuis les VIIe et VIIIe siècles; sa fondation par Calminius, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne, et par Namadia, sa femme; bientôt, des invasions, des pillages; c’est alors qu’on vit, suivant Sidoine Apollinaire, «les bœufs occupés à ruminer dans les vestibules entr’ouverts, et à paître l’herbe sur les autels renversés». Après une restauration, Mozat reçoit le corps de saint Austremoine, que le roi, lors de cette translation, portait sur ses épaules, marchant tête et pieds nus. De là grandit sa prospérité, par les donations, les faveurs des rois et des papes; ruinée, réparée, tour à tour, ayant compté Antoine Duprat parmi ses supérieurs, et réduite à un seul moine en 1791.
Pour Aigueperse (aquæ spersæ?) patrie de Michel de l’Hospital, «cet homme du néant», comme pour tout le Bourbonnais en marge de l’Auvergne, pour toute la frange de la Limagne, quel guide sûr que M. Émile Montégut: «En dépit de la riante modestie du paysage, c’est bien l’Auvergne, car voici à l’horizon le Puy de Dôme qui dresse sa tête pointue et la gigantesque bosse de son épaule. Où qu’on aille dans cette région, on ne peut l’éviter; sur la route d’Aigueperse, sur celle d’Effiat, de la terrasse du château de Randan, partout, nous l’apercevons qui semble nous faire signe d’entrer dans cette terre pittoresque dont il est le gardien. La petite ville d’Aigueperse se compose de deux lignes parallèles dont une grande route forme l’intervalle. Elle contient plusieurs choses dignes d’intérêt.»
Et M. Montégut admire la Sainte-Chapelle, l’église Notre-Dame, un groupe de pierre de la Sainte Famille mutilé, un groupe de bois sculpté de XVIe siècle, une scène de la Passion, à propos de laquelle l’écrivain place cette remarque que les œuvres des artistes locaux, faites pour les localités, peuvent aider singulièrement «à constater les théories de la science, soit sur la persistance, soit sur la fluidité des races... Ces œuvres nous disent que, depuis des siècles, les types des diverses provinces n’ont subi aucune modification aussi petite qu’elle soit».
Ayat.—Le monument de Desaix.
Et, à l’appui de sa thèse, notre perspicace cicerone nous indique, dans cette sculpture d’il y a quatre siècles, un riche bourgeois ou une sorte d’échevin de Jérusalem, portrait frappant de M. Rouher,—qui est de Riom. M. Montégut, si nous continuions à le suivre, nous ferait stationner trop longuement devant le Martyre de saint Sébastien de Mantegna, une Nativité de Benedetto Ghirlandajo, dans la disposition de laquelle quelque chose «le toucha comme une dureté et l’émut presque jusqu’aux larmes...»
A Cébazat.