L’artiste, aux côtés de la Sainte Famille a peint des escouades d’anges, en vrais petits gentilshommes du ciel, tandis que les pauvres bergers, les acteurs principaux, cependant, sont séparés de la crèche par une muraille «comme des manants regardent en dehors d’une palissade ou d’une grille une fête qui ne se donne pas pour eux... Voilà bien l’image du spectacle que dut présenter l’Église à la fin du moyen âge, quand, étriquée par le cours des longs siècles de son origine populaire, elle s’était alliée à tout ce que le monde renfermait de grand et d’illustre, et que les petits regardaient passer avec curiosité des pompes auxquelles ils ne se mêlaient pas...»

Cébazat.—Le beffroi.

Ces considérations ont prolongé leur mélancolie en moi bien après que je les avais lues, vers le château de Randan; successivement propriété des familles de Polignac, de La Rochefoucauld, du duc de Choiseul-Praslin, de Mme Adélaïde, finalement du duc de Montpensier, qui possède de pantagruéliques cuisines, aux offices savamment divisés de façon que les travaux culinaires s’exécutent à la perfection, «de manière que les émanations contraires et ennemies ne puissent se mêler et altérer la saveur propre à chacune».

Cébazat.—L’église et la fontaine.

C’est à ces cuisines des châteaux, aussi, pauvres bergers et laboureurs, écartés par le peintre de la crèche de Jésus sur le tableau de la Nativité d’Aigueperse, c’est à ces cuisines qu’allait tout le suc de la Limagne..., jusqu’au jour, et aux Grands Jours, où Richelieu, où Louis XIV, où la royauté trancha les tours orgueilleuses, rasa les insolents donjons, décapita cette noblesse d’Auvergne qui souriait des courtes origines des descendants des Francs, des Normands, des Wisigoths, des Bourguignons, elle qui remontait à une antiquité autrement lointaine: «Là, disait l’intendant d’Ormesson au duc de Bourgogne, on ne trouve que des origines gauloises ou romaines; et la plupart des maisons anciennes justifient leur antiquité par ceux des premiers évêques de l’Église auvergnate qui en sont sortis et dont la parenté leur a donné, comme aux Langheac, le privilège d’être inhumés aux pieds du Saint, de porter sa crosse aux jours de solennité...»

Dans la Limagne.