L’Auvergne est un beau pays pour d’autres raisons, aussi!

L’Auvergne est l’Auvergne, d’abord, une région dont on peut affirmer qu’elle ne ressemble à aucune autre, qu’elle est bien elle-même, avec un caractère propre, absolument.

L’Auvergne est l’Auvergne.

On ne saurait éprouver autre part la même impression poignante que l’on ressent aux tragiques paysages de lave, aux cheyres hirsutes, aux noirs et verts cratères, aux lacs farouches qu’enferme la chaîne de nos Plombs et de nos Puys.

Il est des visages intenses que, pour les avoir aperçus une fois, l’on revoit toute sa vie: ainsi, je ne crois pas que l’on puisse perdre du souvenir la face sublime, imprévue, avec laquelle, au milieu de notre France, se dresse l’Auvergne,—cette figure, brusque et grandiose, de cataclysmes, de convulsions et de tourmentes, pétrifiée, calcinée, morte... d’où continuent à rouler, furieuses et vertigineuses, les larmes éternelles des torrents angoissés...

Mais un pays n’existe pas que par la matière de son sol, le tumulte innombrable du terrain, les lignes déchiquetées de ses horizons, la course éplorée de ses ruisseaux, la mélancolie fantasque et bourrue de son ciel.

Il faut plus, et l’Auvergne nous l’offre.

D’autres provinces peuvent vanter leurs fières origines, leurs délicates civilisations, des cités d’art, des monuments, des musées, mille merveilles qui manquent ici...

Cependant, nulle n’est plus saturée de passé.