La plaine d’Issoire.—L’Allier au pont de Parentignat.
Ici fut l’Yssoire qu’auraient traversé Charlemagne, saint Louis, Philippe le Bel, Philippe V, François Ier, y dînant, pour aller coucher au château de Villeneuve-Lembron.
Le puy de Corent.
Yssoire—les guerres religieuses en Auvergne!
Ici fut l’Yssoire où, demandant la passade, l’aumône, un moine luthérien d’Allemagne s’arrête, gagne les consuls, obtient de prêcher le Carême, crée «une petite Genève» en pleine Auvergne catholique, avec des martyrs comme Jehan Brugière, dont le courage parmi les flammes du bûcher valut au protestantisme tous ceux qui résistaient encore aux prédications; au seuil de la mort, il refuse d’adorer le crucifix: «Poures gens, je n’adresse point mon hommage à chose faite de main d’homme; j’adore le vrai Dieu en esprit et en vérité.» Il tend la main au bourreau qui tombe: «Courage Monsieur Pouchet, ne vous êtes-vous point blessé?»
La vallée de l’Allier entre Brioude et Issoire.—Nonette.
A la tête des novateurs, les muletiers: «Lorsqu’à la fin de l’automne, ils descendaient en troupe de leurs montagnes pour aller dans la plaine acheter les provisions nécessaires pour l’hiver, c’était surtout dans Issoire, ville riche et calviniste qu’ils chargeaient leurs mulets des blés et des vins de la Limagne; et quand ils se délassaient de leurs travaux de la journée dans le repas du soir, accoudés entre les brocs, sur la table de noyer, ils écoutaient leur hôte, bavard huguenot, apôtre improvisé, devisant des choses du temps, des dogmes religieux, des doctrines protestantes, et peu à peu se pénétraient de ses récits et de ses prédications; ou quelquefois, conduits par lui, ils s’en allaient visiter le lieu du supplice de Jehan Brugière, le martyr de la Réforme, dont la lamentable histoire leur était racontée, ou bien assister au prêche, à d’obscurs conventicules dont le spectacle troublait leurs esprits et pervertissait leurs cœurs...»