C’est le feu, le sang, la corde...

écrivit-on de celui qui, sur cet anéantissement, faisait planter le poteau avec: Icy fust Yssoire!

Pourtant, à force d’énergies, tandis que les villes voisines et rivales se partageaient les dépouilles, se hâtant d’intriguer pour obtenir les prérogatives et privilèges de la cité détruite, une autre Yssoire se réédifia, «où les uns bâtissaient sans mortier, les autres de boue comme l’hirondelle», assez important toutefois pour redevenir la citadelle du protestantisme, et avoir à se défendre contre la Ligue!... «Elle fut tour à tour assiégée par les royalistes et par les ligueurs, jusqu’au moment où la bataille de Cros-Roland la plaça définitivement sous l’autorité royale. C’est pendant ces dernières luttes que le marquis Yves d’Allègre, gouverneur d’Yssoire, fut massacré par les Yssoiriens révoltés.

«Ce meurtre eut lieu pendant la nuit.

«Le gouverneur se reposait, ayant auprès de lui sa maîtresse, la marquise d’Estrées, mère de la fameuse Gabrielle et femme renommée pour ses aventures galantes, lorsque les conjurés envahirent son hôtel et le surprirent endormi.

Montaigut-le-Blanc.

«Réveillé par le bruit de la porte de sa chambre volant en éclats, le marquis, homme très courageux, saisit une large épée qu’il tenait constamment placée à son chevet et se précipita sur les assaillants qu’il fit reculer un instant; mais, accablé par le nombre, il ne tarda pas à succomber; la marquise d’Estrées périt avec lui.»

Icy fust Yssoire...

Cependant, la basilique de Saint-Austremoine, que le capitaine Merle ne put faire sauter, a été épargnée; elle est demeurée toujours la même, dans ces Yssoires successives, dépouillée de ses richesses, mais debout, comme l’un des monuments les plus parfaits du roman auvergnat.