Au Mont-Dore.—La Grande Cascade.
Descendons vers la Bourboule, à quelques kilomètres des bains du Mont-Dore, à deux cents mètres au-dessous, où les malades peuvent demeurer, alors que le froid les chasse de là-haut; la Bourboule, une ville neuve, en toute prospérité, qui n’était rien il y a trente ans qu’un hameau presque inconnu; ses eaux sont uniques par la quantité d’arsenic qui entre dans leur composition; il se traite à la Bourboule une vingtaine de maladies,—et des milliers de malades,—et cette station, née comme d’un coup de baguette, n’a guère d’autre histoire que les péripéties rapides de sa fondation, de ses installations.
Au Mont-Dore.
Cascade du Plat-à-Barbe.
La Bourboule, exposée en plein midi, protégée comme par un rempart, des vents du nord et du nord-ouest,—alors que le Mont-Dore était à la débandade,—conservait de la vie, et les étrangers ne paraissaient pas redouter de traîtrise de l’air: le matin, ils étaient nombreux encore à se rendre à l’établissement; les cloches des hôtels carillonnaient l’heure des repas; des voitures emportaient par les bois et les pâturages les excursionnistes vers Saint-Sauve, Tauves, la Tour-d’Auvergne; des parties de tennis et de croquet s’organisaient dans le parc du Casino; des représentations étaient annoncées aux deux théâtres, etc., etc.
Tout de même, le ciel qui s’accrochait au Puy Gros et à la Banne d’Ordenche, pour être d’un tissu un peu moins précaire que celui des pics plus élevés du Sancy, du Puy Ferrand, du Puy de Cacadogne, pouvait bien ne pas résister longtemps; on devinait les malles prêtes à être chargées, pour la fuite, aux premières transes du baromètre...
Et la contrée n’est pas dure qu’aux citadins qui viennent jouer aux montagnards, l’été, aux frêles passagères dont le pied fin ne marquera pas longtemps sur les gazons et les mousses; les vachers, les batiers, aussi, se préparent à descendre avec leurs troupeaux, à dévaler des burons éparpillés sur toutes les pentes et les plateaux des monts Dore; le vent va souffler, la neige tourbillonner, la tempête de neige, l’effroyable écir...