Enfin, le froid, le vent ou la pluie diminuent, les incendies s’apaisent dès que l’on porte la sainte image en procession!

On imagine que tout cela se répandit fort en dehors de la province, et que c’est de partout que l’on accourut se prosterner devant la puissante Vierge de Vassivière, où se célébrèrent des fêtes éclatantes: «Chaque fête de Notre-Dame avait un roi et une reine qui achetaient aux enchères leur royauté, c’est-à-dire le droit de suivre dans un appareil fastueux la procession de la madone, afin de relever l’éclat de la cérémonie et faire honneur à la Vierge. Le prix du reinage était versé dans la caisse de la marguillerie et affecté aux besoins du culte. Le roi et la reine étaient accompagnés d’une cour nombreuse, amis ou gens de louage, parés d’habits de gala et figurant des gentilshommes, des dames d’honneur, le tout formant un train royal, avec instruments de musique, fifres, tambours, trompettes, enseignes, et tout plein de soldats armés.»

A Vassivière.
Le défilé des reliques.

(La tradition des reinages n’est pas encore éteinte aujourd’hui, mais elle a subi de telles modifications qu’on peut dire qu’il n’en reste plus que le nom et l’usage de verser une certaine somme à la marguillerie. Le privilège des acquéreurs de reinages est maintenant de porter sur leurs épaules les brancards qui supportent la statue de la sainte Vierge, lors des processions de la montée ou de la descente.)

Vassivière.—Le départ de la procession.

Lisez la narration du P. Coyssard, témoin oculaire des mémorables solennités de 1608 et de 1609, qui marquent dans les fastes religieux de l’Auvergne où avait déjà retenti le Dieu le veult de la première croisade, et qui opposait maintenant une digue infranchissable à l’envahissement du calvinisme:

«... Le 2 de juillet on faict la principale procession de Nostre-Dame. Si la pluye ou quelque autre grande incommodité n’empesche, comme il advint l’an 1608, qu’on la différa jusques au 1er dimanche du mesme mois, que les confrères du Rosaire devoyent faire la leur, dont celle de Vassivière en fut plus célèbre, comme on pourra voir par l’ordre qu’on y garda.

«Premièrement il faut noter que la confraternité dudit Saint-Rosaire est composée des plus apparents ecclésiastiques de Besse, comme de messieurs de la justice et du consulat, et autres du commun peuple, tant hommes que femmes, jusques au nombre de six à sept cents. Tous cesquels en corps, avecque le reste de la ville, ayant fait les préparatifs nécessaires, et chascun s’étant mis en l’équipage requis, se rendirent dans l’église sur les six heures du matin, au son et carillon des cloches, suivant la publication qui en avait été faite le jour devant.