Il n’y a pas d’écrivains, à justement parler, de poètes auvergnats ; le patois n’est pas écrit. Les bourrées chantées ne sont qu’une sorte de refrains essayés sur les airs de la cabrette, par les cabrettaïres : bien souvent, ce ne sont que des paroles balbutiées, des phrases sans suite, quelques mots plaqués sur les notes, allusions à quelque événement local, ironiques et rudes reparties des fins et sages paysans, embryons de satire, ébauche d’idylle…

— Des bourrées ! Je vous en pousserai un troupeau d’affilée, promet Pierrouti, et, de fait, il ne s’interrompt plus que pour boire son punch et recommencer, aussitôt sa bouche essuyée de la manche :

Quond lou moulinié passo,

Fo peta lou fouit,

Lo Maritou l’ogatchio,

Lou guigno om lou dit.

Yeou l’empochorai

De l’ogochia pel lo fenestro.

— Quand le meunier passe, — Il fait claquer le fouet, — La Marie le regarde, — Le guigne avec le doigt. — Moi, je l’empêcherai — De le regarder par la fenêtre.

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